29 septembre 2007

Comparaison: bébé prématuré et bébé avorté

J'ai lancé mon blogue il y a environ un an pour conscientiser les lecteurs francophones de la nature de l'avortement au Canada. Depuis que je suis devenue membre de Le Droitiste, le nombre des visiteurs a doublé d'environ 20 à 40 par jour. Je ne pète pas des records et le nombre des lecteurs est modeste, mais je crois avec persistence je vais éventuellement atteindre un plus grand public.

Ça me fait tellement plaisir de pouvoir partager mes connaissances avec vous.

Je dis tout ceci parce que je remarque que le sujet de l'avortement est, d'un certain sens, encore plus tabou au Québec que dans le reste du Canada. La situation est un peu paradoxale. Je crois que les Québécois sont relativement ouverts au phénomène. Les gens l'acceptent plus ou moins. Et ceux qui s'y opposent sont tellement isolés (étant que le mouvement pro-vie est faible) qu'il n'ose pas en parler. Donc qu'il y a une grande silence de leur part. Et, l'acceptation de l'avortement est tellement prise pour acquis, que l'expression de son opposition à cette procédure est tolérée. La population pro-choix (je ne parle pas des militants) sont tellement confortables que les pro-vie ne gagneront rien, qu'ils permettent que les gens s'expriment (les militants, c'est une autre chose) parce que dans le fond, il n'y a pas de danger que rien survient de cette expression. Donc, quand Richard Martineau parle de limiter la pratique de l'avortement (et non pas la restreindre) son éditorial ne soulève pas de grands tollés dans la presse.

Mais, je crois qu'il y a une profonde ignorance envers l'avortement qui permette sa légalité. Par exemple, il y a des gens qui croient que les bébés viables ne sont pas avortés au Québec, et que de toute façon s'ils sont avortés, c'est parce qu'ils étaient voués à la mort.

À titre d'illustration, je veux montrer une photo du plus petit bébé né, il y a six mois en Allemagne.



Kimberley pèsait 10 ounces. 10 ounces, c'est le même poids qu'un steak épais. Elle mesurait 10 pouces, environ 25 centimetres. Elle est née à 25 semaines (environ). (Le bébé le plus prématuré qui a survécu est né à 21 semaines, 6 jours.)

Des bébés comme Kimberley sont avortés à chaque jour en Amérique du Nord. On ne connaît pas les chiffres exactes, parce que après environ 20 semaines, en général on ne compte plus les avortements tardifs, à moins qu'il y ait lieu dans une clinique. On provoque la mort de ces bébés et on les code comme des "mortinaissances". La cause de la mort n'est pas attributée à une injection de chlorure de potassium au coeur et un induction à la prostaglandine, mais à la malformation ou l'anomalie génétique qui est le motif pour cette termination. Donc les statistiques de la mort périnatale sont un peu distorquées en raison de ces pratiques. On veut surtout cacher l'avortement tardif parce que c'est tellement controversé.

Voici un exemple d'un avortement tardif. La photo est tirée d'une thèse soumise à l'Université Laval. L'étude portait sur un examen du chromosome 22 d'un foetus avorté à 27 semaines. Voilà la photo:



La thèse conclut:

Despite the haploinsufficiency of many active genes located in the distal third of the q-arm, which has an R-band-rich pattern, the fetus showed minor congenital malformations.


Donc, le foetus a été avorté à 27 semaines pour des malformations mineures. On voit dans la photo que le bébé avait une déformation à la mâchoire et à la tête, mais on peut bien croire que ça aurait pu être corrigé avec une opération chirurgicale. On ne parle pas ici d'une question d'anomalie mortelle.

Et pour ça, il a été tué.

Il y a de plus en plus de tests diagnostiques prénataux qui peuvent dépister un grand nombres de troubles physiques. Parfois ces tests sont en erreur. La grande majorité des bébés dont on découvre une anomalié génétique sont avortés.

Donc, en Allemangne, on célèbre la naissance d'un petit nourrisson grande comme ma main, alors qu'au Québec, on tue des bébés du même âge et même encore plus vieux parce qu'ils sont "défectueux".

C'est absolument légal au Canada. Il n'y a pas de restriction légale sur l'avortement.

Est-ce que c'est une situation qu'on devrait permettre de continuer?

Les enfants non-né sont le dernier groupe d'êtres humains qui demeurent sans reconnaissance légale. Ils n'ont aucun droit. Est-ce qu'on peut se dire compatissant si on ne se sente pas obligé de reconnaître la dignité et la valeur intinsèque du bébé à naître?