Un billet sur
Point de Bascule concernant le port du voile m'a fait réfléchit sur les conditions de la liberté.
Le message principal du billet est que l'État devrait être neutre est que le port de signes religieux devraient être interdits dans la fonction publique et dans le secteur parapublic.
J'ai beaucoup de misère avec cette prise de position. Je crois qu'interdire les gens d'exercer leur religion en public, surtout lorsqu'il n'enlève rien aux autres, est problèmatique. Encore une autre réglementation de l'exercice de la pratique religieuse.
On ne veut pas que les religieux se manifestent par peur de contrevenir aux valeurs dîtes québécoises et violer cette prétendue neutralité (le laïcisme n'est pas neutre!).
On veut contrôler la diffusion de ces valeurs parce qu'on a peur que ces valeurs influencent les gens et, éventuellement, que ça aboutit à l'établissement d'un gouvernement dit "théocratique"-- d'origine chrétienne ou musulmane, peu importe.
Mais ce n'est pas comme ça que ça marche.
Oui, la liberté est fragile, la liberté porte des risques. Mais le rendement vaut la peine.
Si les gens veulent une société laïque, il faut croire en Dieu. Je sais que ça paraît contradictoire. Mais un système athée et relativiste ne peut pas soutenir la liberté. Parce que la liberté n'a de sens que quand on reconnaît la dignité humaine
inhérente. On ne peut pas le présumer, parce que sans une base philosophique, quand ça va faire notre affaire, on va l'ignorer. Je sais ce que les non-croyants diraient: la religion ne garantit pas nécessairement que la dignité de l'homme va être respectée. C'est vrai. Mais on ne parle pas ici nécessairement de la religion, c'est-à-dire un système de croyance basée sur la révélation divine. On peut croire en Dieu sans être religieux. Il y a des millions de gens dans le monde qui croient en Dieu uniquement selon la raison, sans pour autant faire partie d'une religion. La foi ne garantit pas la liberté. Mais l'athéisme garantit la perte des balises nécessaires pour encadrer la liberté.
Sans cette reconnaissance de la dignité humaine, on perd la raison-d'être de la liberté. Quand on diminue la dignité humaine, quand elle n'est pas suprême dans la vision politique des choses, on instrumentalise et objectifie l'être humain pour en faire un outil idéologique. Le marxisme en est un parfait exemple. Les gens qui s'opposaient à la révolution étaient éliminées. Il n'y avait aucune considération pour leur propre dignité. C'est la même chose pour les gouvernements de nos jours. Ils dépensent et frôlent la banqueroute, traitant les contribuables comme une tirelire
Oui, c'est certain que les être religieux ne garantissent pas la liberté. Mais la croyance en Dieu fournit les concepts-- non, les vérités-- nécessaire pour redresser la situation.
Bon, voilà le prélude du billet que j'avais l'intention de publier à l'origine:
Quelles sont les conditions nécessaires à la liberté:
* Croire en un Dieu bienfaisant du point de vue philosophique. Il doit être la source de la dignité des hommes et des droits.
* Une conception absolutiste du bien est du mal. La liberté a besoin des bornes. En examinant la dignité de l'homme, on peut déterminer ces bornes. Les lois de l'État doivent être peu nombreux; mais sans ces lois, la liberté ne peut pas se maintenir. La liberté n'est pas la licence. Si on n'est être certain des vérités irréfutables, on ne peut aller dans le même sens. La liberté a besoin de certitude pour fleurir. Si on ne sait pas les limites entre la liberté et la licence, on ne peut la maintenir.
* La liberté découle de la dignité de l'homme. Ce n'est pas une excuse de fumer son joint et regarder des filmes de cul. Bien que ça peut le permettre, ce n'est pas la raison principale pour vouloir réduire l'intervention de l'État et restreindre l'activité gouvernementale.
C'est parce que l'homme a besoin de liberté pour être capable de réaliser son potentiel et pour pouvoir choisir le bien (ce qui le rend moral) au lieu d'être contraint à faire le bien (ce qui n'aide pas son caractère).
Quand l'État réduit le champs d'activité de l'homme, il place sur lui un fardeau qui lui empêche d'agir dans son intérêt, selon sa situation. L'État n'est pas là pour le voir se débattre pour lancer une compagnie, choisir l'éducation de ses enfants, publier un texte, et ainsi de suite. Donc l'interventionnisme va à l'encontre des intérêts des individus.
* Une société libre doit reconnaître la famille comme cellule de la société. Elle doit aimer la vie et les enfants. Si elle renonce à sa survie démographique, elle est en danger de se faire dominer ou de s'effrondrer. Une société où il n'y a pas assez de jeunes pour s'occuper des gens âgés et des gens vulnérables aura recours à des moyens qui ne respectent pas le dignité des personnes, comme l'euthanasie, ou des méthodes autoritaires pour régler la vie des gens d'âge d'or parce qu'on a besoin d'un système pour compenser le manque de main d'oeuvre.
* Une société libre doit être prête à se défendre, du point de vue militaire et culturel. La liberté est fragile et elle mérite d'être défendue.
* Une société libre doit laisser l'initiative aux individus de faire des profits. Elle-- son gouvernement et ses membres-- doivent exercer une fiscalité prudente et minimiser les impôts.