7 avril 2010

L'État n'a pas empêché l'anglicisation de l'Île de Montréal

Au 20e siècle on parlait de la revanche des berceaux. Malgré les efforts assimilationnistes du gouvernement colonial, les canadiens-français ont tenu le coup et a demeuré français.

On devrait trouver un nom pour le phénomène inverse: Malgré les efforts de francisation du gouvernement, Montréal sera une ville majoritairement anglophone.

Mais personne parle des vrais choses.

Premièrement, les francophones préfèrent la banlieue. Donc, ce n'est pas comme si le français était absent de la métropole.

Deuxièment, ce n'est pas parce que les gens utilisent le français à la maison qu'ils ne sont pas francophones. Ça fait drôle de le dire. Je suis anglophone. Mais comme vous voyez bien, je suis très habile en français. J'utilise surtout l'anglais à la maison, et parfois le français. Les gens utilisent peut-être l'anglais à la maison, mais ils peuvent être, dans le fond, des bilingues très intégrés.

Troisièmement, si le français connaît des reculs, c'est à cause du taux de fertilité, qui fait en sorte que la croissance naturelle de la population francophone est limité, et qui force la société à se fier sur l'immigration pour augmenter la population.

Plus on se fie sur l'immigration, moins on peut être sûr de l'assimilation des nouveaux-arrivés. Ça prend un bassin très concentré des natifs pour assimiler les gens. Je le sais pour l'avoir vécu. Je suis de Québec. À Québec, 98% des habitants sont francophones. Je n'avais donc aucun choix d'apprendre le français.

À Montréal, on peut vivre confortablement en anglais. L'apprentissage du français n'est pas d'urgence.

Les nationalistes essaient de résoudre un problème social et culturel avec des interventions étatiques-- donc des solutions qui ne vont pas au coeur du problème.

Le problème est celui d'une mentalité, de mode de vie. Tu peux imposer toutes les lois linguistiques du monde, si les gens ne veulent pas avoir d'enfants, ils n'en auront pas. Il ne faut pas trop se fier sur les sondages qui disent que les familles auraient plus d'enfants s'ils existeraient des programmes incitatifs. Ils en existent. La vérité c'est: quand on veut, on peut. Nos ancêtres étaient beaucoup plus pauvres que nous et ils en avaient 5, 10, 15 enfants. Ces enfants étaient désirés. En vérité, collectivement, on n'en veut pas d'enfants. Nos priorités sont ailleurs. On apprécie pas la valeur des enfants.

Dailleurs, nos modes de vie ne sont pas convenables à la procréation. On va à l'université jusqu'à 22 ans environ. On se trouve un job, on s'accote, on s'établit. On veut voir le monde. On casse, on reprend un autre chum ou blonde. On casse encore. On vit 2-3 ans ensemble. Finalement vers 28-30 on commence en avoir des enfants. Après 1-2 enfants, on se sépare du partenaire. On reprend un autre chum ou blonde.

Ça dit-tu aux gens de retenter l'expérience d'avoir plus d'enfants, avec un autre partenaire, à 35-40 ans? Pas sûre. Déjà on fait l'élévage des enfants à temps partiel (c'est la réalité si on ne les a pas sept jours sur sept).

Dans le fond, le gouvernement ne peut pas obliger des couples de rester ensemble. Il peut rend la vie dure pour eux en passant des lois qui rendent la séparation plus pénible et moins attrayante. Mais le véritable problème est une question de moeurs, pis le gouvernement a peu d'autorité morale sur les moeurs. Il faut que ça commence par la base. Il faut dire aux gens de penser de vivre sa vie selon ce qui est bon pour la famille. À commencer par se marier et resté marié malgré les difficultés. À avoir plusieurs enfants. Disons trois-- c'est pas énorme.

C'est tellement bourgeois. Les gens sont libres de choisir. Mais les choix privés des individus a des effets collectifs. Si les gens veulent que les Québec restent français, il faut faire les choses qui vont préserver le français, c'est-à-dire avoir des enfants. Si c'est un prix trop élevé d'après eux, c'est leur choix, mais ils n'ont plus le droit de se plaindre. On n'a pas le droit de s'attendre des autres ce qu'on n'est pas prêt à faire nous-mêmes.

2 commentaires:

Lawrence a dit...

Même si le gouvernement faisait toutes les lois inimaginables pour empêcher l'utilisation de l'anglais à la maison où dans la rue, ça ne fonctionnera jamais.

On vit dans une société libre, et de plus, on vit dans une société de communication où les jeunes voyagent de plus en plus et où l'anglais est plus essentiel que jamais.

Peut-être la seule chose qui m'énervait un petit peu à un moment donné, c'est quand je voyais des gens dans mes contacts Facebook qui travaillent avec moi et qui laissaient des commentaires en anglais au lieu de les faire en français.

Mais j'ai fini par réaliser que dans leurs contacts, il y en avait qui étaient anglophones, c'était alors normal qu'ils fassent certains commentaires en anglais.

Tym_Machine a dit...

C'est parce qu'avant le PQ et la "révolution tranquille", l'ile de Montréal était une ile anglaise et ça c'est depuis presque toujours.

Le PQ et les autres nationalistes francophones de tout acabit ont réussi à envoyer à l'extérieur du Québec un demi million d'anglophones et comme disait André Arthur, Toronto est une création du PQ. Vous auriez dit à un homme d'affaire logique et sensé dans les années 50 que Montréal se battrait contre Winnipeg et St-Johns dans les années 2000 et que Toronto, cette ville minable et industrielle serait la capitale économique et la ville la plus populeuse au Canada qu'il vous aurait ri dans la face.

Mais malgré tout cela, malgré l'exode de milliers d'anglos riches et prospères vers Toronto, New York, Chicago et ailleurs, Montréal revient vers l'anglicisation.

Je n'ai qu'une chose à dire: Chassez le naturel et il revient au galop. On peut tenter de faire de la réingénierie sociale avec Montréal ou avec d'autres places anglaises au Québec mais face à un continent à 99% anglophone, ça ne peut durer qu'un temps.