16 juin 2010

Les bases de la liberté selon le Pape Benoît XVI

Récemment, le Pape Benoît XVI a prêché sur la pensée de Saint Thomas d'Aquin, qui est le maître philosophe et théologien de l'Église catholique. Il a dit ceci au sujet de la raison et la vie politique:


La théologie morale est elle aussi de grande actualité, a affirmé Benoît XVI: "Les vertus de l'homme, théologales et morales, sont enracinées dans la nature humaine. La grâce accompagne, soutient et pousse l'engagement éthique, mais saint Thomas estime que tous les hommes, croyants et non croyants, sont appelés à reconnaître les exigences de la nature humaine, exprimées par la loi naturelle.

En d'autres mots, même si tu n'es pas croyants, par la raison seule, vous êtes capable de discerner les comportements qui sont bénéfiques à l'être humain, et ceux qui ne le sont pas. Autrement dit, vous êtes capable de déduire des lois morales universelles selon la nature humaine.


La gauche ne croit pas ça. La gauche croit que l'être humain est malléable et reprogrammable. Stalin a dit "I want to be the engineer of men's souls" (ou quelque chose de semblable)-- il voulait être l'ingénieur de l'âme. Il voulait refaire l'homme. Le projet communiste avait comme but de rendre les hommes bons, d'éviscérer leur égoïsme. À tel point qu'il exécutait ceux qui n'en est pas d'acccord.

Mais lorsqu'on réalise que la personne humaine a un espèce de noyau qui est inchangeable et qu'il est donc futile d'essayer de changer (de l'extérieur de l'être!) toute notre vision de la vie humaine, et de la politique change.

Je sais que ça peut sembler abstrait face aux questions sur la dette et les impôts, mais ce n'est pas moins important. En fait, c'est essentiel pour pouvoir élaborer des politiques saines qui prennent compte de la nature humaine pour pouvoir prédire les comportements des gens.

Le pape continue...

Lorsque la loi naturelle [c'est-à-dire la loi morale] et la responsabilité qui en découle sont niées, la voie est ouverte au relativisme éthique individuel comme au totalitarisme politique. La défense des droits de l'homme est l'affirmation de la valeur absolue de la personnes impliquent un fondement qui est la loi naturelle, dotée de valeurs non négociables".

En d'autres mots, si on veut affirmer la liberté-- c'est-à-dire, nos droits, il faut reconnaître la personne humaine telle qu'elle l'est et les principes moraux nécessaires à son épanouissement.

Je cite le pape parce que je suis croyante. Mais ce que je propose ici est aussi vrai pour les non-croyants, parce qu'on parle ici de la personne humaine. Les connaissances sur sa nature est accessible à tous, croyants ou non.

Depuis plusieurs décennies, notre culture n'a plus confiance dans la raison pour discerner ses réalités. En langage commun, on dirait qu'on a abandonné le gros bon sens pour des théories flyées qui, en vérité, n'ont pas de fondement. Le post-modernisme a ruiné notre capacité a vraiment examiné les choses de façon critique-- c'est vrai autant pour les croyants que les non-croyants.

Les gens qui sont conservateurs le sont ou le devient parce qu'ils réalisent que les paroles et les théories de la gauche ne correspondent pas à la réalité. Ils exercent l'esprit critique pour voir que certaines lois économiques sont universelles. Implicitement, ils réalisent que l'être humain est le même qu'il soit occidental ou d'une autre culture.

Il ne faut pas avoir peur d'oser de pousser cette réflexion sur d'autres questions. J'ai l'impression parfois que des gens qui se disent de droite ont peur de la sagesse. Ils sont timides à remettre en question les clichés sociaux et intellectuels pour ne pas être mal vu. Au Québec, on a tendance à flatter dans le sens du poil. On n'aime pas le désaccord, d'avoir à se défendre, d'avoir l'air de porter un jugement quelconque sur les autres (même si ce jugement est inexistant). On n'est pas confortable avec le conflit intellectuel au Québec. C'est un peu pour ça que le spectre politique est si étroit.