4 juillet 2010

Catholicisme: entre dissidence et jansénisme

J'en ai marre des dissidents catholiques.

La plupart le sont par ignorance. Ça m'énerve pareil. S'il aurait pris la peine d'apprendre quelque chose sur le fonctionnement de l'Église.

Le catholicisme francophone a deux tendances agaçantes.

Être trop conservatrice.

L'autre c'est d'être trop libérale.

Ce n'est pas par chance que deux tendances opposées: le jansénisme et le libéralisme (catholique) ont eu leur début en France.

On pense que le Québec, qui était catholique mur-à-mur, était un berceau de l'orthodoxie en Amérique.

Pas du tout.

C'est vrai que les Québécois étaient croyants. Mais ils n'étaient pas nécessairement très instruits dans leur foi. Ils avaient beaucoup de connaissances, mais des connaissances superficielles. Donc, ils connaissaient les enseignements de la foi, sans nécessairement être capable de les expliquer.

C'est un peu normal, compte tenu de leur situation. Quand on termine notre école à la sixième année, et qu'on apprend la foi de bouche-à-oreille, on ne se ferra pas un cours de philo pour apprendre le sens de la Sainte Trinité.

Pour plusieurs générations, les Québécois se fiaient sur la culture ambiente pour assurer la foi, et non pas sur un enseignement approfondi. On en voit les résultats de nos jours. On croyait que le Québec était tellement catholique que la foi ne pouvait pas souffrir à cause du manque d'instruction des profs de catéchèse dans les années 80.

L'ancienne Église du Québec était beaucoup trop conservatrice. On a juste à comparer les textes du pape à ce qui se passait. Le pape était POUR le vote pour les femmes. Le pape s'est dit favorable à l'espacement des naissances par des moyens naturels. Et ainsi de suite.

Mais beaucoup de prêtres québécois étaient contre.

Et l'Église d'aujourd'hui mange la claque pour ignorance et son manque d'orthodoxie (en étant trop conservatrice).

Le catholicisme libéral était une réaction à ce conservatisme, mais il était aussi ignorant. Comme dans le conservatisme d'antan, on ignore les doctrines qui ne font pas notre affaire.

Du point de vue doctrinal, le catholicisme, c'est un package-deal. L'Église continue d'être superficiel. C'est pour ça qu'elle meurt à petit feu au Québec. Le Cardinal Ouellet a été le premier évêque depuis Vatican II a se tenir debout pour la foi.

C'est ce genre de radicalisme qui va faire renaître l'Église.

Ça prend du monde capable de s'assumer.

Pourquoi être catholique, si c'est pour être comme tous les gens sans religion?

Le catholicisme "de caféteria" est incohérent. On ne peut pas rejetter une doctrine sans remettre les autre en question. Parce que les vérités sont entreliées.

Par exemple, si Jésus n'ést pas Dieu, ça veut dire que son sacrifice n'était pas surnaturel, et ne pouvait pas donc sauver les hommes en expiant les péchés du monde.

Et ainsi de suite.

C'est tout relié.

Mais le catholicisme libéral ne comprend pas ça. Pour eux, la foi, c'est comme un menu de croyances dont on choisit ce qui nous plaît, ce qui nous rend heureux.

Le libéraux catholiques seront toujours déçus de l'Église. L'ouverture dont ils s'attendent ne viendra jamais. Ils ne comprennent pas que la structure de l'Église elle-même protège contre la remise en question de doctrines officiellement proclamées. Ils veulent être les héros qui vont changer l'institution la plus traditionnelle au monde.

Peine perdue.

Le "progrès" de l'Église a toujours dépendu sur des gens qui étaient voués à son enseignement, et non pas de ceux qui voulaient tout défaire. Les mouvements de dissidences s'éffritent toujours. Parce qu'ils ne respectent pas la nature de l'Église. Soit ils quittent l'Église, soit ils s'autodétruisent. C'est comme les moines et les soeurs de nos jours. Les congrégations qui ont adopté le modèle libéral sont en train de mourir. Celles qui veulent être orthodoxes finissent par attirer des adeptes.

Pourquoi être catholique, si c'est pour être comme tout le monde?