Au 20e siècle on parlait de la revanche des berceaux. Malgré les efforts assimilationnistes du gouvernement colonial, les canadiens-français ont tenu le coup et a demeuré français.
On devrait trouver un nom pour le
phénomène inverse: Malgré les efforts de francisation du gouvernement, Montréal sera une ville majoritairement anglophone.
Mais personne parle des vrais choses.
Premièrement, les francophones préfèrent la banlieue. Donc, ce n'est pas comme si le français était absent de la métropole.
Deuxièment, ce n'est pas parce que les gens utilisent le français à la maison qu'ils ne sont pas francophones. Ça fait drôle de le dire. Je suis anglophone. Mais comme vous voyez bien, je suis très habile en français. J'utilise surtout l'anglais à la maison, et parfois le français. Les gens utilisent peut-être l'anglais à la maison, mais ils peuvent être, dans le fond, des bilingues très intégrés.
Troisièmement, si le français connaît des reculs, c'est à cause du taux de fertilité, qui fait en sorte que la croissance naturelle de la population francophone est limité, et qui force la société à se fier sur l'immigration pour augmenter la population.
Plus on se fie sur l'immigration, moins on peut être sûr de l'assimilation des nouveaux-arrivés. Ça prend un bassin très concentré des natifs pour assimiler les gens. Je le sais pour l'avoir vécu. Je suis de Québec. À Québec, 98% des habitants sont francophones. Je n'avais donc aucun choix d'apprendre le français.
À Montréal, on peut vivre confortablement en anglais. L'apprentissage du français n'est pas d'urgence.
Les nationalistes essaient de résoudre un problème social et culturel avec des interventions étatiques-- donc des solutions qui ne vont pas au coeur du problème.
Le problème est celui d'une mentalité, de mode de vie. Tu peux imposer toutes les lois linguistiques du monde, si les gens ne veulent pas avoir d'enfants, ils n'en auront pas. Il ne faut pas trop se fier sur les sondages qui disent que les familles auraient plus d'enfants s'ils existeraient des programmes incitatifs. Ils en existent. La vérité c'est: quand on veut, on peut. Nos ancêtres étaient beaucoup plus pauvres que nous et ils en avaient 5, 10, 15 enfants. Ces enfants étaient désirés. En vérité, collectivement, on n'en veut pas d'enfants. Nos priorités sont ailleurs. On apprécie pas la valeur des enfants.
Dailleurs, nos modes de vie ne sont pas convenables à la procréation. On va à l'université jusqu'à 22 ans environ. On se trouve un job, on s'accote, on s'établit. On veut voir le monde. On casse, on reprend un autre chum ou blonde. On casse encore. On vit 2-3 ans ensemble. Finalement vers 28-30
on commence en avoir des enfants. Après 1-2 enfants, on se sépare du partenaire. On reprend un autre chum ou blonde.
Ça dit-tu aux gens de retenter l'expérience d'avoir plus d'enfants, avec un autre partenaire, à 35-40 ans? Pas sûre. Déjà on fait l'élévage des enfants à temps partiel (c'est la réalité si on ne les a pas sept jours sur sept).
Dans le fond, le gouvernement ne peut pas obliger des couples de rester ensemble. Il peut rend la vie dure pour eux en passant des lois qui rendent la séparation plus pénible et moins attrayante. Mais le véritable problème est une question de moeurs, pis le gouvernement a peu d'autorité morale sur les moeurs. Il faut que ça commence par la base. Il faut dire aux gens de penser de vivre sa vie selon ce qui est bon pour la famille. À commencer par se marier et resté marié malgré les difficultés. À avoir plusieurs enfants. Disons trois-- c'est pas énorme.
C'est tellement bourgeois. Les gens sont libres de choisir. Mais les choix privés des individus a des effets collectifs. Si les gens veulent que les Québec restent français, il faut faire les choses qui vont préserver le français, c'est-à-dire avoir des enfants. Si c'est un prix trop élevé d'après eux, c'est leur choix, mais ils n'ont plus le droit de se plaindre. On n'a pas le droit de s'attendre des autres ce qu'on n'est pas prêt à faire nous-mêmes.