Il est long mon billet, mais tellement nécessaire...
Beaucoup de droitistes haïssent l'étatisme.
Mais je ne suis pas convaincue que les droitistes aiment la liberté.
Et je ne suis pas certaine qu'ils comprennent la véritable nature de la liberté.
Les droitistes haïssent l'étatisme comme le fruit du gauchisme. La constante demande de l'intervention gouvernementale pour répondre aux problèmes de la solution, ou pire encore, soluttionner des problèmes qui n'existent pas.
Mais on ne peut pas bâtir une société uniquement sur le mépris d'une idéologie. Il faut avoir ses propres valeurs et savoir où ce qu'on s'en va.
Pour savoir où ce qu'on s'en va, il faut être capable d'analyser les bases des idéologies et des systèmes de valeurs en cause.
J'avance que la conception de l'être humain est déterminant dans son approche politique.
Je dis des choses qui peuvent sembler de toute évidence, mais j'ai l'impression que la droite a peur d'aborder ces questions. Elle promouvoie une approche pratico-pratique dans son combat contre l'Étatisme. C'est tout à fait normal. Mais par quoi qu'on va remplacer cet étatisme, une fois qu'on l'a démantelé? On dirait que personne se pose la question. On dirait qu'on que veut l'État nous foutre la paix pour pouvoir fumer son joint et se pogner l'cul sans entrave et sans engagement. Dans cet esprit, la liberté c'est un but, et non un moyen.
Alors, pour revenir au sujet, si on veut bâtir une société libre et SAINE, il faut connaître l'être humain, qui va la bâtir et va en profiter.
J'aimerais aborder en premier la notion gauchiste de la nature humaine, pour ensuite mieux expliquer ma vision. Le contraste aidera à la compréhension. Pour ce faire, je voudrais faire référence au blogue australien Oz Conservative, écrit par un dénommé Mark Richardson. Il écrit en ce moment une série de billets sur les courrants d'idées qui influencent l'Occident.
Dans le
deuxième billet de la série, il adresse le "liberalism", qui, dans le parler anglophone, représente l'idéologie de gauche. Pour faciliter la communication, je vais traduire "liberalism" par "libéralisme" (le terme "libéralisme" peut porter à confusion pour diverses raisons, ainsi ma précision).
Le libéralisme, c'est l'idéologie courrante de nos sociétés occidentales, la pensée orthodoxe ou
politically correct par excellence. Ça se base sur quoi? Selon Mark Richardson, ça se base sur l'idée de l'autonomie individuelle.
L'autonomie individuelle se définit pas la capacité d'auto-création; de créer soi-même le sens de sa vie; de développer ses propres valeuers; de vivre sa vie sans entrave.
Disons que vous êtes un libéral qui croit en l'autonomie individuelle. Dans cette optique, que devient votre objectif politique:
Votre but sera supprimer les obstacles à l'autonomie individuelle. Tout ce qui nous définit de façon importante, mais que nous choissisons pas pour nous-mêmes sera considéré de façon négative et comme quelque chose de limitant et oppressive dont on doit se libérer.(Your aim will be to remove impediments to individual autonomy. Whatever defines us in important ways that we do not choose for ourselves will be thought of negatively as something limiting and oppressive that we must be liberated from.)
...
Quels sont ces obstables à l'autonomie que le libéralisme essaie d'abolir? Ce sont ces aspects de notre identité et son existence qui ne sont pas auto-déterminés. Et il y a beaucoup de choses qui ne sont pas auto-déterminées, incluant ce que nous héritons comme tradition et ce que nous reçevons en tant que nature humaine..(What, after all, are the impediments to autonomy which liberalism seeks to abolish? They are those aspects of our own self and existence which we do not get to self-determine. And there is a lot that we don’t get to self-determine, including what we inherit as part of a tradition and what is given to us as part of an inborn human nature.)
En voilà quelques exemples:
Son genre
Sa race ou sa communauté ethnique
Sa religion
Les lois qui empêchent des comportement considerés comme immoraux ex: drogues, sexualité, etc,
Alors, la pensée libérale, c'est de voir l'être humain comme complètement malléable, capable de vivre uniquement de ses idées. Les croyances sont à la base de tout. Si on a une croyance qui nous rend heureux, alors, il faut être libre de vivre selon cette idée, malgré les conséquences. La nature humaine est déterminée uniquement par la pensée que la société implante dans dans la tête des gens.
Le libertarien est aussi en faveur de l'autonomie individuelle. Mais je crois que la plupart de libertariens réalisent qu'on ne peut pas réinventer l'être humain. L'utopie n'existera pas à cause de son côté égoïste. Ils savent que l'être humain prend des décisions selon son intérêt personnel, et qu'il est souvent mieux placé que l'État de savoir ce qui est mieux pour lui. L'Étatisme viole l'autonomie de l'individu et sa dignité humaine en prenant des décisions qui devraient revenir à lui.
Mais, la conception libertarienne de l'être humain ne va pas assez loin. Parce que le libertarien prône la volonté individuelle comme absolue. Les droits sont pour l'individu, laisse faire les effets sur la société. Prenons par exemple la cigarette. Il y a trente ans, fumer c'était très répandu au Québec. Ça se faisait dans toutes les places publiques, sans considération de l'effet que ça pouvait avoir sur les autres. Tu avais de l'asthme? Ça te donnait mal à tête? Tu n'aimais pas l'odeur? Selon le libertarien: TANT PIS POUR TOI. Va-t'en chez vous. La volonté individuelle prime! C'est clair et nette que la cigarette a un effet néfaste sur la société à plusieurs niveau, mais on s'en fout des résultats.
Bon, vous m'allez dire qu'on aurait pu entreprendre des campagnes de pression sur les édifices et les places publiques pour interdire la cigarette.
Je serais d'accord que ça aurait pu été fait. Mais combien temps ça aurait pris d'arriver à un succès? Il n'y a pas si longtemps, quarante pour cent des québécois fumaient. Je ne suis pas certaine que cette campagne aurait pu avoir l'effet désiré.
Il faut aussi prendre compte de la nature de la cigarrette.
Elle crée une forte dépendance. Si ce n'était pas le cas, peut-être de la pression aurait pu avoir effet.
Mais selon mon expérience, et celle des autres, la dépendance rend les gens égoïstes. Les fumeurs ressentent la nécessité absolue d'avoir leur dose de nicotine. Je ne peux pas imaginer que les fumeurs n'avaient aucune idée qu'ils empestaient l'air avec leur fumée et qu'ils pouvaient nuire à la santé des autres. Pensez-vous que les fumeurs sortiraient de leur lieu de travail de leur propre gré pour allez prendre une cigarette? Non. Ça ne se faisait pas dans le temps.
La dépendance leur rendait incapables de voir les choses au clair.
Le libertarien répondrait: et les droits de propriété? Si on possède une entreprise, on devrait avoir le droit de le gèrer comme bon qu'il semble. Si on veut permettre les employés de fumer, c'est notre affaire.
Mais le problème: qu'est-ce qui arrive si les anti-fumeurs ne sont pas assez nombreux pour faire pression avec succès? On fait quoi? Ils ne sortent plus en public?
Les libertariens ignorent la nature du problème, dont la question de la dépendance qui nuise à la capacité de raisonner. Je ne dis pas que les fumeurs sont comme des gens saoules.
Mais la situation biochimique fait en quelque sorte qu'on ne peut pas s'attendre à ce qu'ils soient exercent une maîtrise de soi nécessaire pour respecter le bien-être des autres.
Les libertariens réduisent le concept de la liberté à des droits individuels pour faire ce qu'on veut avec nos biens et notre personne. Les effets sur la collectivité sont sans intérêt.
La différence avec ma vision c'est qu'on reconnaît qu'il y a des choses dont l'être humain est capable, et d'autres qu'il n'est pas. L'être humain ne peut pas être complètement refait à l'image d'une idéologie. Il ne peut pas non plus se fier uniquement se la responsabilité personnelle pour gérer ses comportements, parce en ce qui concerne la dépendance et la sexualité, il n'est pas en pleine possession de ses faculté de raisonner clairement. Sans cette capacité de raisonner, il n'est pas capable d'être responsable, et les gestes qui découlent de ce manque de responsabilité s'accumulent et produisent un effet sur la société. En ce cas, il faut que l'État intervient pour répondre aux besoins des citoyens.
On ne peut pas faire ceci juste en étant contre la gauche. Il faut savoir comment faire progresser la société, ce qui nécessite une vision réaliste de l'être humain. Il faut reconnaître ses capacités, et il faut reconnaître ses faiblesses qui, collectivement, il est incapable de redresser.