L’histoire
de Marjorie Raymond ne peut que susciter de vives émotions.
Mais je
trouve que les médias et les personnes impliquées pensent en clichés.
On blâme l’école.
On blâme « le système » -- comme la mère a fait. On blâme les
intimidants.
Mais j’ai l’impression
de ne pas avoir l’histoire au complet.
Par exemple,
est-ce que Marjorie Raymond souffrait des problèmes psychologiques?
Vous m’allez dire : c’est normal, elle se faisait écœurée!
Ce n’est
pas toutes les victimes d’intimidation qui souffrent d’une dépression ou qui se
suicident.
Je ne dis
pas que l’intimidation n’a pas contribué mais… est-ce qu’elle était mûre d’avance?
Est-ce qu’elle avait d’autres problèmes qui lui pesaient sur le cœur?
Quelle
était la nature des gestes posées envers elle? C’était quoi la nature de l’intimidation?
Et en tant
que mère, moi si ma fille se fait écœurer et qu’elle souffre d’une dépression et que
rien ne se résout …. J’aurais tendance à ne pas envoyer ma fille à cette école.
Bien oui, elle a droit à une éducation, et si on retire nos enfants, les
intimidants gagnent, mais moi je m’en fous ultimement de ce jeu, je veux que ma
fille soit bien dans sa peau, et si des gens l’abusent, je vais la retirer de
cet environnement.
Cependant,
la mère de Marjorie a reçu des menaces de la DPJ comme quoi ils allaient
intervenir s’il Marjorie n’allait plus à l’école. Marjorie s’absentait de ses
cours pour éviter de se faire harceler. C’est quand même assez cruel. On sait
qu’une fois que la DPJ intervient, c’est le cauchemar. On n’en finit plus. On
est scruté à la loupe. Alors, la mère se sentait obligée d’envoyer sa fille à l’école.
La DPJ s’en foutait des raisons derrière
son absence. Ironique de la part du Département de Protection de la Jeunesse.
Et les
intimidants… qui sont-ils? Comment veut-on que les jeunes apprennent la
responsabilité s’ils ne sont jamais tenus responsables de leurs gestes?
Pourquoi est-ce qu’on ne les nomme pas? Comment donner l’exemple aux autres s’ils
ne sont pas identifiés? J’imagine que les gens de l’école les connaissent. Mais
cette affaire ne concerne pas juste l’école. Il y a des jeunes partout qui
regardent cette histoire. Les intimidants dans les autres écoles voient que les
coupables ne sont pas identifiés. Quel message envoyons-nous à eux?
C’est la
même chose avec les jeunes contrevenants.
Des jeunes dangereux à la communauté ne sont jamais identifiés par souci
de leur avenir. On ne se soucie pas de la sécurité des voisins dans le présent,
cependant.
J’aimerais
aussi soulever une autre raison pour l’intimidation : la structure de l’école
elle-même.
Les jeunes
vont toujours s’écœurer. C’est un fait. Les jeunes vont toujours
approuver le ridicule envers le rejet de la classe. Ils ne sont pas matures.
Ils ne comprennent pas qu’ils doivent montrer un certain respect envers des
gens qu’ils n’aiment pas. Ils sont en
train de l’apprendre. Donc, les élèves vont tapper sur le rejet de l’école.
Des grosses usines à éducation, des
classes à 20 ou 30 contribuent à ce phénomène. Un gars qui veut être cool va
rire du petit nerd et il a un public
à sa portée pour hausser sa cote de popularité. Je ne dis pas que la
polyvalente est mauvaise pour tout le monde, mais évidemment ça ne convient pas
à tous.
Si on avait
plus de liberté en éducation, si l’État n’empêchait pas les parents de faire
leur job d’éducateur, peut-être Marjorie serait en vie. Si le seul choix en
éducation n’était pas la grosse polyvalente de la région; si les parents n’étaient
pas intimidés par la DPJ pour prendre les choses en main selon leur
circonstances au lieu d’être forcés à respecter des lois qui ne conviennent pas
à leur situation, peut-être Marjorie serait en vie. Bon, on ne saurait jamais,
mais au moins ça aurait donné plus de pouvoirs aux parents de régler leur
situation sans invoquer l’état ou la bureaucratie. C’est comme il fallait
quasiment demander la permission à l’État pour protéger son enfant. J’écoute
sur RDI un expert en éducation qui dit que le parent devrait avoir recours au « Protecteur
de l’Élève » dans des cas d’intimidation. Ça me fait rire. Qu’est-ce qu’il
va faire si l’intimidation n’est pas documentée, si ça se fait en cachette, ou
avec la complicité des autres élèves? Pourquoi est-ce qu’on doit demander à un
fonctionnaire la permission de protéger son enfant de l’abus?
Je prédis
qu’on va utiliser cette histoire pour insister que le gouvernement donne plus d’argent
à des programmes visant à éliminer l’intimidation, et ces programmes vont
échouer, parce qu’ils essaient de changer l’inchangeable : la nature
humaine. On ne peut pas s’attendre à ce que les gens soient plus moraux qu’ils
le sont. Si des jeunes écœurent d’autres jeunes au point que leurs victimes se
suicident, c’est parce qu’ils ne comprennent pas comment vivre dans la société
et si leurs parents et leurs enseignants ne leur ont pas appris l’erreur de
leurs gestes, ce n’est pas un programme bidon qui vont leur faire mieux
comprendre.
2 comments:
J'aime beaucoup votre analyse, c'est vrai qu'on manque une foule d'information, c'est peut être à cause qu'on cherche avant tout de faire du sensationnalisme.
Mais dans un mois on entendra plus parler du suicide de l'adolescente tout comme on entendra probablement plus parler d'intimidation dans nos médias à part, s'il arrive un autre drame.
excellent commentaire !
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