31 janvier 2012

Le calvinisme, ça opère un peu comme le féminisme en ce qui concerne l'histoire

Un vidéo dans ce billet prétend que St. Augustin était, en fait, un calviniste, et non un catholique, donc un partisan de suprématie papale.

La manière qu'on regarde l'histoire religieuse dans les cercles calvinistes me fait penser à la manière féministe.

On lit les documents pour repérer les passages qui semblent appuyer sa thèse. Mais on ignore le contexte global et toutes preuves qui la contredisent.

Donc, on est supposé croire de l'auteur de la thèse "Roma locuta, causa finita est" (Rome a parlé, la cause est finie) est supposée être un genre de protestant secret.

Il était un évêque catholique, en communion avec Rome. Il devait sa position au Saint Siège.

Les autres Pères d'Églises étaient aussi des évêques: Cyrille de Jérusalem, Basile de Césarée, Jean Chrysostom, étaient des gens qui oeuvraient dans le système romain, avec ses messes, ses sacraments, ses rites, et surtout sa communion avec Rome, etc ils sont tous supposés être des "protestants".

Mais c'est ridicule au haut point.

Il faut se méfier de la relecture des pères de l'Église pour conformer à une théologie contemporaine. Ça produit des anachronismes.

La Bible Seule ne pouvait pas être la foi apostolique parce que le canon de la Bible n'a pas été finalisé avant le quatrième siècle par des Conciles de Rome. Avant ça, on s'appuyer sur la transmission des Pères pour savoir quel livre avait une valeur divine et quel était hérétique (comme l'Évangile de Thomas). On s'appuyait sur les Pères pour savoir comment interpréter la Bible, et si des interprétations hérétiques se répandaient, c'était la job du Pape de les condamner, et sa condamnation règlait l'affaire.

Le protestantisme ne tient pas debout intellectuellement. Le Bienheureux John Henry Newman l'a bien dit:

To be deep in history is to cease to be Protestant.




1 commentaire:

Durandal a dit...

J'ai fait le suivi de ce billet sur mon blogue :

http://monarchomaque.org/2012/02/03/juridiction/

Et pour la comparaison du calvinisme avec le féminisme, parlez-en à John Knox.