8 février 2012

La Bible SEULE n’est pas la seule norme de la foi

Durandal persiste à démolir la foi catholique, sans jamais montrer un seul calviniste qui existait en Antiquité.

Il essaie de montrer que certains individus avaient des croyances calvinistes. Comme St. Augustin (ce qui n’est pas le cas, mais bon).

Les calvinistes n’existaient pas en Antiquité. S’ils existaient, on en connaitraît les noms. On aurait sûrement parler d'eux.

Il dit que même s'il n'en existait pas, c'est pas grave, parce que la Bible a été écrit sous l'inspiration des gens essentiellement calvinistes.

Donc, on a toutes sortes de documents de l'Église primitive dès le premier siècle, des écrits des gens qui ont connu des apôtres comme Ignace d'Antioche, Polycarpe, Papie et le Pape Clément, des apologètes comme Justin Martyre et Athénagore, des historiens comme Eusèbe et de Sozomen, des citations par centaines d'écrivains considerés hérétiques par les Pères d'Églises, mais pas un seul calviniste est cité.

C'est monumental comme accomplissement. Les gens qui possèdaient la vérité doctrinale du Christ ont su passer complètetment sous le radar des Pères de l'Église. Ils se sont complètement mutés; ils n'ont embarqués dans aucune controverse avec personne. Ils ont passé toute l'Antiquité sous le silence. Ils n'ont pas critiqué les pratiques mariales, les prières pour les morts, les sacrifices de la messe, l'emploi images, et ainsi de suite. Ils n'ont rien commenté et personne n'ont commenté leur théologie particulière.

J'ai une explication plus simple: ils n'existaient pas.

S'ils n'existaient pas, c'est parce que l'interprétation calviniste de la Bible n'existait pas.

Parce que l'Église primitive n'était pas calviniste.

Le calvinisme est basé sur une interprétation érronée de la Bible, surtout du Nouveau Testament.

Mais comment est-ce qu'on peut en être certain? Comment est-ce que la Bible est supposée être interprétée?

Les premiers chrétiens n'avaient jamais l'idée de faire de la Bible une sorte de Code Civile de la Foi chrétienne, comme si les textes s'interprétaient eux-mêmes. Les premiers apôtres n'étaient pas aussi naïfs. C'est pour cela l'Église était l'arbitre final de la signification de la Révélation. Dans les Actes des Apôtres 15, on voit que c'est l'Église réunie qui détermine que la Révélation de Jésus était universelle et que les Gentils n'avaient pas à se soumettre à la circoncision.

Ceux qui voulaient faire subir les gentils à la circoncision avaient aussi leur arguments. Mais sans un arbitre vivant avec l'autorité de Dieu, les disputes ne cessent plus dans l'Église. Dans le Protestantisme, quand les gens se disputent, ils fondent une nouvelle église ou une nouvelle dénomination. Dans l'Église catholique, la parole finale du Pape suffit. Les textes n'ont pas d'intelligence. Mais le garant de Dieu fait en sorte que le pape ne peut pas induire en erreur lorsqu'il s'agit d'une déclaration formelle concernant la Révélation ou les moeurs qui en découlent.

C'est drôle mais un calviniste croit que l'être humain et toutes ses facultés sont corrompues. Cependant, il est supposé être assez "infaillible" pour trouver le Christ et être sûr de son interprétation personnelle de la Bible.

D'ailleurs, la Bible ne dit jamais que l'Écriture seule est la source de toute doctrine.

Durandal a cité plusieurs Père d'Église concernant la nécessité de la Bible. Mais on remarque que dans ces citations, on ne dit jamais que la Bible SEULE est la source de doctrine. Notez bien: dans les citations calvinistes sur la Bible, on manque le mot "seule".

Il est impossible que la Bible seule soit la source des doctrines. Un texte n'a pas d'intelligence. Un texte ne s'interprète pas lui-même. Et même si ça se pouvait, on ne peut pas être certain que son interprétation est la bonne.

L'interprétation de la Bible est supposée se faire, non pas seul en isolement, mais avec l'Église. Quand on lit la Bible, ce n'est pas pour trouver une vérité individuelle, mais LA vérité, la vérité dont l'Église en est la gardienne.

Après deux milles ans, l'Église a pu discerner beaucoup de vérités bibliques, des vérités qui ne se voient pas automatiquement. La Bible est écrite en plusieurs langues, qui ont leur propres idiomes, avec plusieurs types d'écrits littéraires, qui ne sont que compris dans leurs propres contextes. Le gars qui vient à la Bible sans une connaissance de ces choses pour interpréter la bible individuellement est très désavantagé.

L'Église a fait beaucoup de travail concernant la signification de la Révélation. Alors pourquoi réinventer la roue? Ah, c'est sûr que chacun doit écouter ce que la Bible doit lui dire selon son contexte personnel. Mais ces conseils spirituels ne doivent pas être discernés en contradiction avec la vérité qu'on sait déjà.

Durandal prétend que les apôtres prêchaient de façon orale (et donc sans Écriture), mais à la mort du dernier apôtre, l'Écriture serait la seule règle pour la doctrine.

C'est drôle, mais rien dans la Bible ne dit pas que l'enseignement oral soit interdit. Les citations de Paul concernant la suffisance de l'Écriture n'exclut pas la possibilité que l'enseignement oral continue.

Quelque chose qui est suffisante n'exclut pas. Donc, pour apprendre l'anglais, il est suffisant de prendre un cours. Ça fait l'affaire. Mais, si on part en voyage et on apprend sur le tas, c'est aussi acceptable. La suffisance d'un cours d'anglais n'exclut pas qu'il y ait d'autres moyens pour apprendre. Le cours est suffisant. Il n'est pas exhaustif.

Donc, quand les Pères d'Église parle de la nécessité de la Bible, c'est dans cette ligne de pensée. Ce n'est pas pour exclure les autres façons de discerner la doctrine. La preuve, c'est qu'aucune de leur citation exclut toute possibilité de discerner des doctrines extra-bibliques. Ils croyaient tous dans des doctrines "extra-bibliques."

Il n'y avait pas de chrétiens qui croyaient dans la Bible seule comme source de doctrine en Antiquité.

4 commentaires:

Daniel Arseno a dit...

Le calvinisme a un seul dogme qui s'appelle "Sola Scriptura" et qui se définit comme suit: Le contenu de la foi est déterminé par une interprétation rationaliste (et parfois moderniste, chez les Protestants libéraux) de la Bible qu'on érige en "code" de la religion chrétienne. Incidemment, cette façon de voir la Bible ne se retrouve pas dans la Bible. Comme avocat, je trouve fascinant de voir à quel point ils appliquent la même technique interprétative que les juristes utilisent avec un texte de loi. Ah oui, c'est vrai, Calvin était juriste avant de devenir théologien.

Ce qui est remarquable, c'est à quel point ce dogme (Sola Scriptura) ne résiste pas à l'économie générale du Nouveau Testament, où l'on voit clairement que c'est la personne du Christ. Pour les calvinistes, le point de départ est la Bible plutôt que le Christ et leur méthode est celle de la raison humaine plutôt que la "folie" de l’Évangile (1Co 1:17-25). Ils ont pour seul dogme Sola Scriptura; le reste, même leur version de l’Évangile, est le produit de leur raison humaine.

Pat3Qc a dit...

La façon de ré-écrire l'histoire de l'église primitive, par les calvinistes, repose sur l'idée que les apôtres n'ont pas eu de successeurs. Les apôtres revêtaient l'autorité nécessaire pour transmettre la Révélation par écrit et de manière orale mais à la mort du dernier nous devons nous en remettre à l'Écriture seule.

Il est vrai que les Apôtres sont la fondation de l'Église et qu'aucune nouvelle révélation ne viendra s'ajouter par la suite. Cependant, certaines vérités révélés dans les Écritures sont fragiles et fragmentaires: trinités, divinité du Christ, etc. L'interprétation juste des Écritures nécessitera une autorité pour la confirmer. C'est le rôle du Magistère (Évêques en union avec le Pape). Ils sont les successeurs des Apôtres et possèdent l'autorité nécessaire.

La succession apostolique est attestée très tôt dans l'histoire de l'Église et n'était pas contestée.

L'Écriture seule peut nous conduire à toutes sortes de dérives. C'est pourquoi la Bible, la tradition apostolique et le Magistère forme une unité en ce qui concerne la norme de la foi.

Là où les calvinistes ont raison, c'est lorsqu'ils affirment que les vérités de foi doivent être confirmées par les Écritures. En effet, nous catholiques ne croyons rien qui ne soient pas déjà dans l'Écriture (trinité, divinité de Christ, purgatoire, culte des saints, etc.) Pour s'en convaincre il suffit de regarder le Catéchisme de l'Église Catholique qui est rempli de citations bibliques pour chacune des doctrines. C'est la raison pour laquelle je suis revenu à la foi catholique romaine.

La tradition apostolique n'a fait qu'approfondir le contenu révélé. Nous ne pouvons nier que c'est tout un travail qui a été accompli sous l'inspiration de l'Esprit Saint.

Durandal a dit...
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Durandal a dit...

J'ai fait le suivi de ce billet ici :

http://monarchomaque.org/2012/02/09/depositaire/

En passant, concernant votre précédent billet dans ce débat, en français on dit Arius, par Arian.