10 février 2012

L'histoire primitive de l'Église

Durandal persiste à faire croire que l'Église primitive était calviniste.

Mais il ne nomme pas ces communautés calvinistes. Il ne nomme pas ses pasteurs ni ses écrivains.

C'est comme j'ai dit: les calvinistes, les prétendues détenteurs du la pure vérité du Christ ont existé dès l'ère des apôtres, mais n'ont jamais rien écrit et n'ont suscité aucune controverse et ont passé complètement sous le radar des Pères d'Églises.

C'est tout un accomplissement. Ils n'ont pas brassé la cage de l'Église une seule fois. Ils n'ont ni instruit ni converti qui que ce soit.

Non mais c'est le bout du ridicule.

C'est pour ça qu'il persiste à démolir les figures catholiques. Parce que les calvinistes n'existaient pas. Alors il faut parler des catholiques. Sans quoi on ne peut pas parler de l'histoire de l'Église.

Il souligne l'existence de communautés proto-protestantes.

Mais voilà, on commence à faire l'amalgame. Si la vérité c'est le calvinisme, alors, il y a surement eu des communautés qui ont accepté la règle calviniste en entire: Bible seule, Foi seule, baptême uniquement pour les adultes, aucune messe, la predestination, et ainsi de suite.

Pointer à des proto-protestants qui acceptent quelques brins du calvinisme et non pas d'autres, ce n'est pas montrer l'existence de SA FOI depuis les apôtres.

L'idée que l'Église primitive était en somme protestante relève du mythe. Dans la tome d'Antoine Monastier, on parle de l'Église primitive sans donner de noms de croyants, ni de communautés, ni de dates précises.

C'est à quoi on peut s'attendre lorsque les protestants anti-catholiques examinent l'histoire. Ils ne montrent jamais les leurs.

Parce qu'ils n'existaient pas.

Concernant Ignace d'Antioche:

Il dit qu'il y "nulle trace d'allégeance papale" sauf qu'il mentionne le passage dans l'épître aux Romains qui parle de l'Église de Rome qui:

l’Eglise bien-aimée et illuminée par la volonté de celui qui a voulu tout ce qui existe, selon la foi et l’amour pour Jésus Christ notre Dieu ; l’Eglise qui préside dans la région des Romains, digne de Dieu, digne d’honneur, digne d’être appelée bienheureuse, digne de louange, digne de succès, digne de pureté, qui préside à la charité, qui porte la loi du Christ, qui porte le nom du Père

Si on compare cette préambule à ses autres épîtres, on voit qu'Ignace avait plus de louange pour l'Église de Rome. Aucune autre Église "porte la loi du Christ" et est "illuminée par la volonté de celui qui a voulu tout ce qui existe".

Lorsqu'on est calviniste, on doit tordre la signification évidente des paroles et des preuves. Preuve après preuve mène à la conclusion que Rome était considerée suprême par les croyants à l'Époque. Je ne dis pas qu'il n'y a pas eu de développement de doctrine. Mais sa primatie n'a jamais été contestée.

Et l'idée qu'Ignace croyait à la sacerdoce universelle telle que prêchée par les protestants est ridicule.

La conception de l'Église est hiérarchisée. L'évêque est la tête de l'Église, et ont lui doit soumission.

Voilà quelques citations que le prouvent:

Il convient donc de glorifier en toutes manières Jésus Christ, qui vous a glorifiés, afin que rassemblés dans une même soumission, soumis à l’évêque et au presbyterium, vous soyez sanctifiés en toutes choses. (Lettre aux Éphésiens)
Aussi convient-il de marcher d’accord avec la pensée de votre évêque, ce que d’ailleurs vous faites. Votre presbyterium justement réputé, digne de Dieu, est accordé à l’évêque comme les cordes à la cithare; ainsi, dans l’accord de vos sentiments et l’harmonie de votre charité, vous chantez Jésus Christ.(Lettre aux Éphésiens

Ayons donc soin de ne pas résister à l’évêque, pour être soumis à Dieu.(Lettre aux Éphésiens)
Donc il est clair que nous devons regarder l’évêque comme le Seigneur lui-même.(Lettre aux Éphésiens)

Puisque j’ai eu l’honneur de vous voir par l’intermédiaire de Damas, votre évêque digne de Dieu, et des dignes presbytres Bassus et Apollonius, et de mon compagnon de service le diacre Zotion.(Lettre aux Magnésiens)
Ainsi, puisque dans les personnes que j’ai nommées plus haut, j’ai dans la foi vu et aimé toute votre communauté, je vous en conjure, ayez à coeur de faire toutes choses dans une divine concorde, sous la présidence de l’évêque qui tient la place de Dieu, des presbytres qui tiennent la place du sénat des apôtres, et des diacres qui me sont si chers, à qui a été confié le service de Jésus Christ, qui avant les siècles était près de Dieu, et s’est manifesté à la fin.(Lettre aux Magnésiens)

Je ne vois pas trop de Protestants regarder leurs anciens comme s'ils occupaient la place de Dieu. Tout au contraire.

C'est ça le calvinisme, on sort une citation hors contexte en ignorant toutes les autres qui la contredisent.

On est supposé de croire qu'Ignace était un genre de proto-protestant, avec cette conception de l'Église.

Voyons donc.

Ses épîtres sont plein de références purement catholiques-- c'est-à-dire, impossible de leur interpréter de façon protestante. Tandis que les références qui sont utilisées pour appuyer la thèse protestantes sont entièrement reconciliables avec la foi catholique.

L'Église catholique croit que les baptisés forment une prêtrise, mais c'est une prêtrise non-ordonnée. Donc, le fidèle ne peut pas dire la messe ni administrer certains sacrements.

L’expression « Sénat des apôtres », utilisée par Ignace d’Antioche (Magnésiens 7:1), implique l’égalité et la collégialité des apôtres (et non la domination de Pierre sur les autres apôtres comme le fantasment les papistes). Idem pour les presbytes (anciens) : « Pareillement, que tous révèrent […] les presbytes comme le Sénat de Dieu et comme l’Assemblée des apôtres : sans eux on ne peut parler d’églises. » (Tralliens 3:1)

Regarde comment on doit prendre le sens évident et le tordre pour appuyer le protestantisme. Tout doit être "expliqué" pour reconcilier les citations avec le protestantisme.

On parle de l'évêque. On parle des presbytères. On parle des diacres. On parle de soumission à l'évêque. On parle de l'évêque comme tenant la place de Dieu. 

Est-ce que ça ressemble plus à une conception catholique de la prêtrise, ou une conception protestante?

L'Église catholique accepte la collégialité des évêques dans un certain sens. L'évêque est le premier des prêtres.

 Mais il reste qu'il y a une hiérarchie, ce qui n'existe pas dans le calvinisme. Il n'est pas question d'avoir seulement un pasteur et ses fidèles. On a trois fonctions, trois fonctions que l'Église catholique a préservée et que les calvinistes n'ont pas.

C'est comme j'ai dit, le calvinisme c'est comme le féminisme: on se penche sur des pétits détails pointus pour ignorer le contexte global.

En fin de compte Ignace n’était aucunement un catholique romain au sens moderne du terme, ce qui n’est pas étonnant puisque les catholiques romains n’existaient pas à son époque.

Ça me fait rire. On est capable de tracer la succession des papes. On a des écrivains de l'Antiquité. On peut pointer à des Saints Pères et les origines des croyances catholiques, mais il n'existait pas de catholiques à l'époque.

Mais les calvinistes dont on n'est pas capable d'identifier, les véritables détenteurs la vérité pure, eux-autres ils existaient.