11 avril 2012

Le Planning est déconnecté de la réalité

Le Blogue de Campagne Québec-Vie se réjouît de l’inquiétude de la Fédération du Québécois pour le Planning des Naissances (que j’appelle “Le Planning” à la mode des français). D’après le Planning, les droits à l’avortement et à la contraception seraient gravement menacés.

“On est en période de régression” déclare la nouvelle coordonnatrice du Planning, Sophie des Cordes.

On est en quoi?

Régression?

Quelle régression?

Est-ce qu’une seule législation a été votée pour restreindre l’avortement?

Non.

Est-ce qu’il y a eu une seule restriction imposée?

Non.

Est-ce qu’on a sabré dans le budget?

Non.

Est-ce que l’accès à l’avortement est plus difficile qu’au passé?

Non.

Est-ce que les femmes ont de la difficulté à obtenir de la contraception?

Non.

Est-ce qu’il y a eu un changement fondamental dans l’opinion publique?

Non.

Alors elle est où la régression?

La régression de discuter au Parlement? De témoigner devant les avortoirs? De présenter des faits à des dames qui veulent discuter d’une autre option?

C’est ça leur grosse régression de l’avortement?

Donc, l’opposition à l’avortement est plus vif depuis quelques années et on parle d’une régression de l’avortement?

Voyons donc.

J’aimerais bien qu’elle ait raison la madame. J’aimerais ça que l’avortement soit véritablement menacé. Ça me ferait un gros plaisir.

Mais il faut regarder la réalité en face.

Même aux États, avec tout le mouvement contre l’avortement, il continue d’être légal, et aucun état n’a encore réussi à le bannir.

J’ai parfaite confiance dans la victoire des forces de la vie, si ce n’est à cause de la force démographique des pro-vie.  Les pro-vie ont plus d’enfants que les pro-choix, et les enfants ont tendance à adopter le point de vue de leurs parents. À la longue, ça ne peut que favoriser le mouvement pro-vie.

Mais avant qu’on voit l’effet de cette force démographique soit tangible, ça va prendre au moins quelques générations.

Bien sûr que les pro-vie peuvent réussir à convertir l’opinion publique dans ce temps-là, mais ils n’ont pas la vie facile et bien franchement, la masse des pro-vie se font discrets. C’est seulement quelques âmes courageux qui montent une opposition active.

L’Église devient de plus en plus pro-vie, mais à date, elle n’a pas apporté beaucoup de soutien tangible à part de quelques cas isolés.

Le Planning essaie de mobiliser leurs supporteurs avant que les pro-vie deviennent trop forts. Mais c'est difficile de fouetter le membership quand il n’y a rien qui a changé, concrètement. Je sais que les féministes sont susceptibles à des crises d’hystérie, mais quand tu te bats sur plusieurs champs de batailles comme elles font, t’as tendance à préserver tes forces pour les combats d’actualité, les combats qui n’ont pas encore été gagnés ou qui sont véritablement à risque. Comme dans le moment, les féministes travaillent fort sur le dossier des travailleurs du sexe et tout ce qui a rapport avec “le genre”, comme la question des transsexuels. Je crois bien qu’elles sont toutes brainwashées et pensent que Stephen Harper va criminaliser l’avortement, mais le gauchiste moyen est très capable de supporter le double-penser orwellien. Donc, il peut se dire que l’avortement est en danger, tout en agissant comme si ce n’était pas le cas.

Mais qu’est-ce que ça veut dire pour nous, les pro-vie? Est-ce que ça ne vaut pas la peine d’agir?

Bien sûr qu’il faut continuer d’agir. Mais il s’agit de réaliser que la moindre opposition à l’avortement va susciter une réaction hors toute proportion de la part des pôvre-choix. On parle d’une régression ici, sans qu’il y en ait une, juste à cause d’une opposition vocale à laquelle elles ne sont pas habituées.

Si c’est le cas quand les pro-vie québécois font des petits pas, imagine le jour où on décide de sabrer dans le budget de l’avortement.

Monsieur et Madame Tout le Monde y seront d’accords, mais les féministes vont vraiment grimper dans les rideaux pour donner l’impression au Gouvernement que la grande majorité des gens y sont opposés.

Il faut donc se préparer à cette éventualité.

Il faut se préparer en dénonçant leurs distortions de la réalité.

Je sais qu’on peut faire un peu de propagande sur la peur exaggerée des féministes, mais il vaut mieux de dire la vérité et dire au public que c’est nous qui sont branchés sur les choses et que les féministes sont emprisonnées dans leurs petites tours d’ivoires, complètement à part des gens ordinaires.

Souvent, un mouvement progresse selon l’autorité qu’elle détient auprès du public. Si on bâtit notre autorité sur la question de l’avortement, c’est nous que le public va croire, et non pas les féministes. Alors il vaut mieux de donner l’heure juste pour que les gens nous fassent confiance.